En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour mesurer notre audience, vous proposer des contenus et publicités personnalisés, ainsi que des fonctionnalités sociales. En savoir plus et gérer les cookies

Nouvelle hausse des violences contre les médecins : jusqu’à quand ?!

 
D’après l’Observatoire de la sécurité du Conseil de l’Ordre des Médecins, l’année 2018 est de nouveau une année noire pour les médecins : 1126 agressions ont été déclarées soit une augmentation de 8,8%. Les départements du Nord et des Bouches-du-Rhône sont les plus touchés, mais aucune zone n’est épargnée, y compris les beaux quartiers et les zones rurales… Les médecins généralistes sont les plus exposés (70%) mais toutes les spécialités médicales sont concernées.
 
Hélas ces chiffres sont certainement très loin de la réalité car les médecins n’ont pas dans leurs habitudes de déclarer des agressions voire de porter plainte. Leur métier est naturellement d’être à l’écoute de la souffrance de leurs patients ; souvent ils sont le dernier rempart dans une société qui va mal, tout particulièrement auprès des populations défavorisées ou dans les quartiers difficiles.
 
C’est pourquoi le métier de médecin doit être un métier protégé. Il n’est pas tolérable dans notre société que les médecins soit agressés, blessés voire pire, et on se souvient du cas dramatique du Dr Rousseaux, tué par un patient dans l’exercice de son métier, en pleine consultation, à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir) en 2017.
La CSMF dénonce cette situation inadmissible, et interpelle le gouvernement afin de sécuriser l’exercice médical libéral. De multiples dispositions sont susceptibles d’améliorer cette situation :
  • le médecin doit être un professionnel protégé ;
  • les cabinets médicaux doivent être des lieux dotés de boutons d’alarme, éventuellement de caméras de vidéosurveillance dans leurs abords ;
  • les numéros de téléphones fixes et portables des médecins doivent bénéficier de la reconnaissance prioritaire par les services de gendarmerie ou de police (comme cela se fait dans quelques rares départements) ;
  • un dispositif de numéro unique doit être mis en place pour faciliter le dépôt de plainte et l’accompagnement psychologique du médecin agressé (exemple de la région des Hauts-de-France) ;
  • le médecin de garde doit être accompagné lorsqu’il intervient dans des zones sensibles.
 
La CSMF exhorte les pouvoirs publics à agir au plus vite. Le soutien à l’installation en libéral des jeunes médecins passe aussi par la garantie de conditions d’exercice sécurisées. Il en va de l’accès aux soins pour tous les Français dans tous les territoires.

4 Avril 2019

Débat National : les 15 propositions de la CSMF

 
Alors que le gouvernement n’en a pas fait un thème privilégié, la santé s’est invitée dans le Grand Débat National au travers des réunions locales et des cahiers de doléances rédigés par les Français.
 
Comme ces derniers, les médecins libéraux qui ont répondu à l’enquête de la CSMF (questionnaire en ligne auprès de 2 253 médecins libéraux toutes spécialités confondues entre le 7 février et le 13 mars 2019) ont manifesté leur malaise, leur ras-le-bol fiscal et leur manque de reconnaissance au regard de leur engagement professionnel au quotidien (cf. synthèse en pièce jointe).
 
La CSMF dégage de cette enquête trois enseignements principaux :
 
  1. Les médecins libéraux sont profondément attachés au statut libéral et à ses caractéristiques (liberté d’installation, paiement à l’acte).
  2. Les médecins libéraux sont prêts à assumer une responsabilité populationnelle collective pour garantir l’accès aux soins, s’ils bénéficient d’un accompagnement concret de l’Assurance Maladie.
  3. Les médecins libéraux sont très sensibles aux questions environnementales et aux impacts qu’elles peuvent avoir sur la santé.
 
Forte de ces résultats, la CSMF a formulé 15 propositions qui s’intègrent dans les 4 chapitres du Grand Débat National :
 
Chapitre 1- Fiscalité et dépenses publiques
 
  1. Revaloriser l’acte médical (majorer les tarifs des actes médicaux pour exercer dans de meilleures conditions, par exemple par l’emploi d’assistants médicaux) et valoriser les consultations en fonction de leur contenu
  2. Limiter la proportion de la rémunération au forfait
  3. Alléger les charges financières (incitations fiscales, crédits d’impôts, réduction des charges patronales…)
  4. Diminuer les charges administratives : stop à la paperasserie !
  5. Réduire les cotisations du cumul emploi/retraite et ne pas cotiser pour rien (obtenir des points retraite)
  6. Sauvegarder le statut libéral (avec éventuel statut mixte libéral/salarié en cours de carrière) et promouvoir l’entreprise médicale libérale
 
Chapitre 2- Démocratie et citoyenneté
 
  1. Sauver la liberté d’installation : non au conventionnement sélectif !
  2. Favoriser l’installation dans les déserts médicaux en développant le regroupement des médecins, les installations progressives, les stages et les mesures incitatives financières
  3. Organiser collectivement la prise en charge de soins non programmés de 8h à 20h (avec régulation, paiement de l’astreinte et valorisation des actes)
  4. Elargir la permanence des soins au samedi matin : non au retour de l’obligation individuelle de la PDS
 
 
Chapitre 3- Organisation de l’Etat et des services publics
 
  1. Améliorer l’accès aux soins en favorisant le regroupement des médecins sous toutes ses formes, en développant les consultations avancées, la télémédecine et le transport des patients
  2. Renforcer le rôle des syndicats et corps intermédiaires (plus de poids face aux pouvoirs publics)
  3. Sécuriser l’exercice médical en créant un statut juridique protecteur et en développant l’installation de boutons d’alarme dans les cabinets vers les services de police/gendarmerie
 
Chapitre 4- Transition écologique
 
  1. Reconnaître le rôle d’information des médecins libéraux en matière d’environnement et santé et favoriser leur participation à des registres ou enquêtes épidémiologiques (avec rémunération forfaitaire individuelle)
  2. Intégrer les questions environnementales dans la formation initiale et continue des médecins (impact environnemental des prescriptions médicamenteuses, liens entre environnement et santé, perturbateurs endocriniens…)
28 Mars 2019

Projet de loi de santé : la CSMF entre vigilance et inquiétude

 
L'examen du projet de loi de santé s’est achevé dans la nuit de vendredi à samedi à l’Assemblée nationale, et le texte de loi sera voté demain.
 
La CSMF a été entendue sur plusieurs points comme le maintien de la liberté d’installation, le retrait d’un droit opposable du patient à la désignation d'un médecin traitant, et celui de la définition des missions des CPTS qui aurait rendu inutile la négociation conventionnelle en cours.
 
La CSMF suivra avec la plus grande attention plusieurs mesures comme la suppression du numerus clausus, la refonte des ECN, la recertification, la création des hôpitaux de proximité et la création des équipes de soins spécialisés, issue d’un amendement de la CSMF.
 
Cependant, plusieurs dispositions ajoutées sont de nature à déclencher un conflit avec l’ensemble de la médecine libérale. C’est le cas en particulier des modifications des contours de métiers décidés à l’Assemblée nationale. La « dispensation pharmaceutique sous protocole », qui permet aux pharmaciens de délivrer des médicaments habituellement prescrits sur ordonnance du médecin, a ainsi été maintenue. Les députés ont aussi élargi les compétences des sages-femmes en les autorisant à prescrire et à pratiquer des vaccinations auprès des enfants, dans des conditions définies par décret. Par ailleurs, la CSMF s’est déjà élevée contre la définition bureaucratique des projets territoriaux de santé, qui vont noyer les médecins libéraux dans des technostructures aux ordres des GHT.
 
Le projet de loi sera examiné prochainement au Sénat et la CSMF appelle les sénateurs à recentrer le texte sur l’exercice médical quotidien et le service rendu aux patients, en respectant les métiers de chacun. Elle demande également au gouvernement d’entamer dès maintenant la concertation avec les syndicats représentatifs au sujet des nombreuses dispositions qui sont renvoyées à des ordonnances.

25 Mars 2019
Page : 1 2 3 4 5