En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour mesurer notre audience, vous proposer des contenus et publicités personnalisés, ainsi que des fonctionnalités sociales. En savoir plus et gérer les cookies

«MA SANTE 2022 »
Médecins spécialistes : un début de reconnaissance ! 


Le Bureau des «Spé-CSMF » a analysé le discours du Président de la République « ma santé 2022 » et considère avec intérêt l’esprit du discours et les propositions avancées.

Pour la première fois, le terme de médecin spécialiste a été prononcé officiellement dans une expression politique concernant la santé. Etre spécialiste libéral n’est plus une infamie.

L’analyse de la situation ne peut être que partagée, le mal-être des soignants est prégnant et les inégalités, en matière de santé et d’accès à l’expertise, s’accentuent. Les objectifs sont définis et sont consensuels mais les solutions sont encore à construire ensemble (privé, public) sans déséquilibre. Le Président a défini un certain nombre des modalités pour y parvenir. 

Le nécessaire travail en groupe et l’indispensable coordination, entre le médecin généraliste et le médecin spécialiste libéral expert, doivent être un des piliers de la reconstruction de notre système de soins, nous souhaitons, ensemble, développer un parcours pertinent de prise en charge diagnostique et thérapeutique pour un patient, le diabète en est l’exemple, trop souvent le patient diabétique n’a pas rencontré l’endocrinologue. 

Permettre à la médecine spécialisée de restructurer son offre de soins en donnant à tous les patients la possibilité d’être accompagnés, notamment par des « assistants médicaux, médico-techniques », est un premier pas. Le développement du travail aidé est primordial et à développer pour donner une réponse adaptée et si possible rapide. 

Permettre aux libéraux d’assurer une responsabilité populationnelle est indispensable pour construire une offre de soins territoriale pertinente en partenariat avec nos collègues du public, la gouvernance rénovée au sein des établissements est une excellente initiative pour élaborer un projet de santé coconstruit par les soignants à l’échelle d’un territoire de proximité, d’un département etd’une région. C’est aussi un vecteur qui devrait permettre à tous les malades d’accéder à l’innovation et à la recherche. L’intelligence artificielle, partagée pour tous, sera, et avec tous demain, source d’égalité sociale. 

Une nouvelle organisation centrée sur la coordination et le partage de moyens, beaucoup de médecins la souhaitent, certains collègues sortant de nos rangs ont imaginé cet outil : la Communauté Professionnelle Territoriale de Santé (CPTS). Ce concept a été élaboré pour permettre de mieux se parler et d’organiser la meilleure prise en charge. La CPTS doit rester un outil parmi d’autres, déjà elle devient un objet de convoitise et ce concept risque de devenir une fin en soi, un moyen d’avoir la mainmise sur l’ensemble des acteurs d’un territoire. Les médecins ne veulent pas d’une nouvelle tutelle organisée par la technostructure et le risque est bien là car la représentation médicale dans des instances de gouvernance n’est pas extensible à souhait.

La reconversion des hôpitaux de proximité en hôpitaux territoriaux ne doit pas devenir le bras armé de l’hôpital public et du Groupement Hospitalier de Territoire (GHT) installant cette tutelle sur la médecine de ville. Le médecin libéral souhaite rester un entrepreneur avec son libre choix dans le cadre d’une économie solidaire et sociale.
 
Engager une large réflexion sur le statut du médecin est indispensable et valorisant car le statut est le vecteur du parcours professionnel du médecin, structurant sa carrière. Dans le même sens, la réforme des études de médecine est vitale mais l’ouverture du numerus clausus doit plutôt permettre de mieux orienter les nouvelles générations vers des carrières choisies et non être considérée comme une réponse à l’accessibilité immédiate aux soins.
 
« Les Spé-CSMF » s’intègrent dans cette démarche présidentielle qui nécessite un investissement et l’augmentation de l’ONDAM est un signal. Il est indispensable d’arrêter les baisses tarifaires aveugles pour des objectifs comptables. Développons des accords « pertinence » pour mieux dépenser, mieux soigner à l’image de la diminution de la T2A dans les établissements de soins. Mettons en place une politique « gagnant/gagnant » plutôt qu’une politique du rabot.
 
Nous restons vigilants car nous savons que « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ».

21 Septembre 2018

Faire disparaître la médecine spécialisée libérale de proximité ?


« Les Spé » ont pris connaissance des données de l'Union nationale des associations de gestion agréées. Pour la première fois, les revenus de la médecine de spécialité sont globalement en baisse pour une majorité des médecins spécialistes. Ces chiffres reflètent l’absence de considération des pouvoirs publics vis-à-vis de l’ensemble des spécialités médicales, médicotechniques et chirurgicales ; d’ailleurs, les politiques n’ont de cesse de stigmatiser les médecins spécialistes et les compléments d’honoraires pourtant indispensables à leur exercice. Ces données en sont la preuve et justifieront la construction, demain, d’un espace de liberté tarifaire pour tous les médecins.
 
La France est un des seuls pays à conserver un maillage territorial de spécialistes aussi développé. Les spécialistes apportent l’expertise, la qualité des prises en charge dans la proximité. La médecine spécialisée est le vecteur de l’innovation, elle est le pilote du parcours pertinent, le gestionnaire de la prise en charge efficiente de l’usager dans le cadre de sa pathologie. Comment justifier des niveaux aussi faibles pour certaines spécialités, endocrinologie, pédiatrie, psychiatrie, biologie … qui ont nécessité tant d’années d’investissement, d’études et de formation (en moyenne 10 ans) ?
 
Comment accepter des chiffres d’affaire aussi bas à un moment où le pays a besoin d’entrepreneurs en santé pour accompagner la population dans la maladie ? Comment permettre à ces spécialistes d’engager des collaborateurs pour devenir plus performants ? Comment accepter de telles rémunérations - bien en deçà de celles des médecins généralistes - pour des endocrinologues, des pédiatres, des psychiatres, avec un tel niveau d’expertise ? Comment accepter l’acharnement contre certaines spécialités, notamment les radiologues, qui vont être mises à contribution encore une fois au travers du plan d’économies de notre système de soins ?
 
« Les Spé » n’acceptent plus cette situation. Ils revendiquent une reconnaissance de leur haute valeur ajoutée. La reconnaissance doit aussi passer par la rémunération.
 
Veut-on faire disparaitre cette médecine de spécialité de qualité et de proximité ? Il est peut-être l’heure pour les politiques, l’Etat, et la caisse nationale d’Assurance Maladie, de prendre en compte ces médecins qui sont une vraie valeur ajoutée de notre système de soins.
 
La Cour des comptes devrait s’interroger sur la redistribution des sommes économisées dans le secteur de la santé. Il n’est jamais honteux de relire sa copie et de changer de position.
 
Ces chiffres doivent nous interroger sur les causes du désintérêt des jeunes pour le secteur libéral et sur les solutions pour leur redonner le goût de réinvestir cet exercice.
 
28 Juin 2018

Les Spé-CSMF se prononcent sur l'avenant n°6


Un comité directeur extraordinaire des « Spé-CSMF » s’est tenu le mercredi 23 mai 2018 pour analyser le projet d’avenant n° 6, Télémédecine. Ce texte est en deçà des attentes du terrain.
La téléconsultation, outil novateur et indispensable pour la prise en charge demain de toute la population sur l’ensemble du territoire, reste limitée à la prise en charge du patient connu par le médecin téléconsultant. L’avis ponctuel de consultant n’est pas, pour l’instant, reconnu par l’Assurance Maladie dans le cadre de cet accord conventionnel. Il est indispensable, dans un avenir proche, d’élargir le champ de la téléconsultation à tous les patients pour toutes les formes de demande pour, ainsi, coller au mieux aux usages de cette forme de prise en charge dans le cadre d’un panier de soins défini.
 
Dans le même registre, « Les Spé-CSMF » s’interrogent sur le niveau de rémunération de 12 et 20 euros pour une « téléexpertise », ces montants sont-ils dignes de l’expertise du médecin ? Il ne peut s’agir que d’une erreur de sémantique et nous pensons qu’ils s’apparentent à un simple conseil, voire à un télé-suivi. La caisse n’a pas à avoir peur de l’explosion des dépenses tant le niveau de rémunération est ridicule pour un médecin spécialiste expert dans son domaine de compétence. Il est bon de rappeler que la valeur cible est de 17 euros pour la lecture de la rétinographie par un ophtalmologue. Du chemin reste à parcourir pour honorer le médecin spécialiste à sa juste valeur !
 
Par contre, « Les Spé-CSMF » saluent l’élargissement des consultations complexes et très complexes pour certaines spécialités.  Nous souhaitons très rapidement un élargissement de ces consultations en construisant, à court terme, une CCAM clinique indispensable à la survie de certaines spécialités mais, aussi, étendre ce modèle à l’ensemble des spécialités et permettre d’engager la profession vers une plus large coopération interdisciplinaire. Valoriser les médecins spécialistes au travers de nouveaux outils et de nouvelles organisations, c’est permettre de répondre à l’enjeu de l’accessibilité pour tous à des soins de qualité.
 
Comme à l’habitude, les options démographie ne seront pas accessibles aux médecins spécialistes qui, par manque de zonage, n’auront pas accès à ces aides.
 
Le comité directeur considère que cet avenant ouvre des perspectives de transformation de notre système de soins et permettra à la médecine libérale de s’inscrire dans la construction d’une nouvelle convention centrée sur l’innovation en santé, sur la pertinence et sur la valeur ajoutée des médecins spécialistes libéraux.
 
« Les Spé-CSMF » seront attentifs à la mise en place de groupes de travail indispensables pour corriger les erreurs de la convention de 2016. L’ensemble des revendications qui, à l’époque, ont conduit les médecins spécialistes à s’opposer à la convention ne sont pas encore totalement réunies, mais des avancées ont été obtenues. Nous porterons, dans le cadre de groupes de travail qui doivent être mis en place à notre demande, les éléments du projet politique des « Spé-CSMF » pour l’avenir de notre système de santé ; en tout premier lieu, le lissage des disparités tarifaires dans le cadre du secteur 2, de même que leurs remboursements et l’accessibilité à l’OPTAM pour tous.
 
Le comité directeur des « Spé-CSMF » a voté très largement l’accompagnement d’une éventuelle signature de l’avenant si elle est décidée lors de l’assemblée générale extraordinaire de la CSMF en fin de semaine.
 
« Les Spé-CSMF » veulent être moteur et force de propositions d’une convention rénovée, gage de réussite d’une mutation réussie de notre système de soins.
 
24 Mai 2018
Page : 1 2 3 4 5 6